The Cap Vert Peninsula

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Tuesday, August 26, 2008

Les Terraces : l’infini chez soi

J’ai toujours bien aimer les terraces. Ce dernier étage d’un bâtiment où, en franchissant l’escalier le plus haut, une porte s’ouvre sur un monde caché, voir magique.

Immédiatement je suis atteint par un panorama singulier : un boubou bleu ciel effleurée par le vent, un carrelage ad hoc qui reflète le mosaïque de toits qui se répand sur l’horizon, et le refrain du muezzin, qui se dissimule à la nuit imminente.


Je pense que, dans tous les temps et dans toutes les villes, les terraces occupent une place spéciale dans l’univers des êtres humains.
Non seulement celles-ci démarquent la séparation entre l’espace terrénal que nous habitons et le au-delà, mais aussi elles livrent une perspective sur une ville et sur les gens qu’ils y habitent.

Ces jours-ci je peux dire que j’ai le privilège d’assister, dès ma terrace, à la routine quotidienne d’un peuple extrêmement consistant.
Un peuple pour qui, par exemple, l’accouchement de la femme du boutiquier du coin demande la présence collective du quartier au ngénte, ou baptême.

Par contre il va de soi que, ce qui paraît être de ma terrace la simple cuisson d’un couscous matinale entre femmes, vu d’un œil expérimenté, représentera beaucoup plus. C'est-à-dire que la perspective d’en haut n’assure pas la compréhension basique. Car c’est ce couscous la, préparé soigneusement par les voisines avec du lait caillé, qui fourrera les ventres de ceux qui viendront témoigner ce rite de passage.


Je profite de ce moment pour partager un passage, partagé avec moi récemment par un collègue, de l’auteur Italo Calvino.
Il nous rappelle dans son livre Les Villes invisibles que, « Les villes sont un ensemble de beaucoup de choses: de mémoires, de désirs, de signes d’un langage; les villes sont des lieux d’échanges, comme l’expliquent tous les livres d’histoire économique, mais ce ne sont pas seulement des échanges de marchandises, ce sont des échanges de mots, de désirs, de souvenirs. »

Ici j’ajouterai seulement que les terraces peuvent servir de dictionnaire à l’observateur d’une ville.
Chaque crépuscule, je consulte à partir de ma terrace. Je discerne des éléments dissociés et je tente de les rassembler dans un syntaxe urbain : ces mots, ces désirs, et ces événements (qui bientôt deviendront des souvenirs) représentent les noms, les adjectifs, et les verbes du jour à jour de cette ville, Dakar. Il suffit de les combiner de bonne volonté pour en faire un panorama possible. Voilà l’infini chez soi!

Monday, August 11, 2008

The Stomach: Window to the Soul?

What better place to start, than by commenting on food, drink, and all manner of innocuous ingestions! Indeed, my stay here began with good old-fashioned tap water, and has been peppered with interesting tidbits ever since... On my first morning here, I padded down the hall to the kitchen, where my roommate was brewing coffee, and asked how he felt about Dakar tap water. It took very little convincing -an anecdote about his American wife, Carmen, who was quickly weaned onto the tap, and perhaps a waft or two of coffee- for me to reconcile myself to this new source of hydration. Only tap water delivers!

Strangely, it seems that my fellow toubaabs (or foreigners) believe that tap water delivers more than just a coffee buzz. They say it delivers a fabulous rumble in the lower tummy. I say they have but to observe any food preparation to see that the restaurant food they eat also contains tap water; that is, realistically they cannot avoid it. Moutarou, my roommate, attributes this water anxiety to "la peur de l'Afrique." This of course, refers to an ensemble of symptoms, that climb on board your imagination when you disembark on African territory...

Then again, now that his wife is sick in a New York hospital, my roommate has resorted to the marabout's recommendations for her well-being. The recipe is as follows: buy 9 kilos of raw meat; mix it with onions and beans; entrust a third of this mixture to a blind person, another third to a leper, and the remainder to a person with a physical handicap. As Moutarou ventures out to identify a leper colony, I think I will cozy up on the couch and continue to sip at my tap water coffee. Perhaps the recipe will be of more interest to you? The main ingredient is a pepper called "le poivre de Sélim." Ground with coffee beans and ginger, it makes for an aromatic and spicy cup of coffee, best served hot!

Café Touba (Sénégal)
INGREDIENTS : (4 personnes)
PREPARATION :

- 60 gr.de café moulu- 5 dl d'eau- 10 poivre de Sélim concassé finement- 1/2 cuil. à café de gingembre concassé- 1/2 cuil. à café de coriandre concassé- 80 gr. de sucre

- Préparez un mélange avec le café et les épices.
- Faire cuire l'eau.
- Préparez un filtre à café sur une cafetière.
- Déposez le café dans le filtre et versez l'eau dessus.
- Sucrez et servir très chaud.

Ba beneen, InShaaAllah! C'est à dire, si Dieu le veut, à très bientôt!